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La blockchain joue sa santé !

L’industrie de la santé pourra-t-elle relever le défi de toujours plus de données que l’on imagine dans le futur massivement issues d’objets connectés médicaux en tout genre ? Peut-on imaginer une industrie où l’intégrité de la donnée de santé est garantie, où les tiers de confiance nous tiennent à l’abri de manipulation ou de fraude ?

  

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L’industrie de la santé pourra-t-elle relever ce défi d’une donnée plus efficiente pour accélérer les recherches cliniques ou améliorer l’efficacité de nouveaux médicaments ? Ces données pourront-elles être gérées en temps réel, permettant ainsi une mise en marché accélérée de ces derniers ?

60 à 80% des projets de recherches seraient infondés scientifiquement parlant.

En d’autres termes, l’industrie de la santé pourra-t-elle mieux fonctionner de l’intérieur et vis-à-vis de nous autres patients ? Pourra-t-elle faire mieux en matière de sécurité, de confidentialité, d’interopérabilité et de gestion de nos dossiers médicaux par exemple ?

46 % des cliniques américaines n'ont pas une vue complète des dossiers et antécédents médicaux de leurs patients.

Au final, se faisant, l’industrie de la santé pourra-t-elle en relevant l’ensemble de ces défis sauver plus de vies ?

Le manque d'interopérabilité coûte 150 000 vies et 18,6 milliards de dollars par an.

L’industrie de la santé aura-t-elle la volonté de transférer le pouvoir de la donnée aux patients eux-mêmes, les autorisant au final à disposer de la propriété d’une ressource chèrement disputée ? Et jusqu’où ? Avec une donnée mieux partagée, plus fiable, sécurisée, traçable et disponible en temps réel, le patient pourra-t-il avoir un accès plus efficient à ses soins médicaux ? Pourra-t-il vendre ses données pour obtenir d’être mieux soigné.

   

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« Le prix d’un dossier médical complet peut varier entre 6 000 et 25 000 dollars selon le type de pathologie. » Robert Chu, Fondateur de la start-up Embleema via L’Usine Nouvelle

   

Ces enjeux posés en autant de questions pourraient être résolus, si l’industrie adoptait massivement une technologie encore émergente mais prometteuse – celle des réseaux distribués – vis-à-vis de laquelle le géant pharmaceutique Sanofi s’exprimait ainsi dans un tweet très parlant d’avril dernier :

La technologie derrière les monnaies numériques (digitales/virtuelles) pourrait révolutionner la confiance en tout, des résultats des essais cliniques à la lutte contre la fraude aux médicaments.

Tweet-Sanofi

   

Si l’industrie de la santé arrive à faire mieux grâce à la Blockchain, pourra-t-elle le faire aussi pour moins cher ? Pourra-t-elle réduire substantiellement ses coûts en se passant d’intermédiaires coûteux, en améliorant par exemple le partage de bases de données indispensables à son écosystème ?

 

La technologie Blockchain permettrait d'économiser jusqu’à 200 milliards de dollars sur une période de dix ans en optimisant la chaîne de valeur et ses process de contrôle et d’audit.

En tout, le déploiement de la blockchain permettrait d’économiser jusqu’à 34 milliards de dollars chaque année en dix ans d’application massive et partout dans l’industrie en permettant le suivi en temps réel des données de santé, en rendant interopérable tout un écosystème, en déployant des contrats intelligents d’assurance pour faciliter le remboursement et se préserver des fraudes, en adoptant une architecture distribuée de la donnée, réduisant ainsi les intermédiaires et s’assurant une cyber-sécurité renforcée des données cryptées aux standards les plus élevés.

 

Mais à y regarder de peu plus près, si les initiatives sont nombreuses et les pilotes en développement, l’application de la blockchain à la santé se heurte à des obstacles qui paraissent difficilement surmontables dans le contexte actuel de cette industrie.

 

Si la blockchain promet l’immutabilité, alors comment garantir aux patients le droit à disposer de leurs données et donc le droit à l’oubli consacré par la RGPD (Règlement général sur la protection des données) ? Comment et quand disposer de ces données, alors même qu’elles ne sont pas toutes numérisées ou numérisables ? Comment motiver les acteurs de ce secteur à rendre leurs systèmes informatiques interopérables ? Une option pourrait-elle être d’ancrer tout simplement dans le grand registre distribué de la blockchain une simple empreinte des données qui seraient alors conservées ailleurs ?

 

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« Nous ne stockons dans la blockchain que des liens vers les informations et non les informations elles-mêmes. » David Manset , Coordinateur de MyHealthMyData qui développe une solution 100% compatible RGPD

   

Mais où ? Dans quelles conditions de sécurité, d’intégrité ? Et par qui ? Si elles ne peuvent pas être stockées efficacement par les professionnels d’une industrie incapable de communiquer entre eux ou qui échoueraient à s’insérer dans l’économie des API, ces données pourraient-elles l’être chez les patients eux-mêmes ?

 

Finalement, le véritable défi pour l’industrie de la santé se situe ailleurs et probablement dans l’application systématique du principe du rasoir d’Ockham que soulevait dernièrement McKinsey et que le journaliste Yannick Chavanne résumait en ces termes dans un article du 9 janvier dernier "à trop vouloir employer la blockchain, on se complique la vie" proposant d’écarter cette technologie si une "solution plus conventionnelle" existe et a fait ses preuves.

  

Sources : Frost & Sullivan, Organisation mondiale de la santé via Blockchain Partner

#TECH

Blockchain

N.f. (mot angl. "chaîne de bloc"). 1. Technologie de stockage et de transmission de l’information, transparente et décentralisée, qui permet de valider et sécuriser n’importe quel échange de données. 2. Spécial. Base de données libre d’accès dans laquelle sont stockées chronologiquement, sous forme de blocs non modifiables liés les uns aux autres, les transactions successives effectuées entre ses utilisateurs depuis sa création. Recomm. off. bloc de chaînes (Source : Larousse)

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